Journées d’étude : dans les pas de Lina BO BArdi – leçons pour penser et concevoir un monde plus habitable

Les 15, 16 et 17 mars 2022 auront lieu des journées d’études consacrées à l’architecte italo-brésilienne Lina Bo Mardi. Elles s’intitulent “Dans les pas de Lina Bo Bardi – Leçons pour penser et concevoir un monde plus habitable” et sont organisées par Sandra Fiori et Alessandro Panzeri. Ces journées d’étude auront lieu à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture (ENSA) de Lyon, au 3, rue Maurice Audin à Vaulx-en-Velin, salle 4

–> Programme de la journée d’études

–> Livret détaillé de la journée d’étude

Présentation

Parmi les femmes architectes reconnues de sa génération, l’italo-brésilienne Lina Bo Bardi (Rome, 1914 – São Paulo, 1992) est longtemps restée dans l’ombre en France, par rapport à des personnalités comme Aino Aalto, Jane Drew, Ray Eames, Charlotte Perriand et Alison Smithson, auxquelles la critique a consacré de nombreux ouvrages.

Depuis 2014, qui marque le centenaire de sa naissance, plusieurs manifestations scientifiques et expositions ont toutefois été organisées en Europe pour lui rendre hommage, parmi lesquelles nous pouvons citer: le colloque organisé par l’Université Sapienza di Roma Lina Bo Bardi. Una architetta romana in Brasile (2014); l’ouvrage d’A. Criconia, Lina Bo Bardi. Un’architettura tra l’Italia e il Brasile (Milan, Franco Angeli 2017) ; le projet pédagogique international de 2017-18 Lina Bo Bardi : enseignements partagés, organisée par A. Criconia e E. Essaïan, qui est le fruit d’une collaboration sur deux ans entre l’ENSA de Paris Belleville et l’Université Sapienza di Roma ; la journée d’étude Apprendre à voir Lina/Saper vedere Lina (2018), qui fait partie du même programme pédagogique international. Ajoutons que la Biennale d’architecture de Venise a décerné cette année un « Lion d’or spécial à la mémoire » de Lina Bo Bardi et que 2022 sera l’année du trentenaire de sa disparition.

Ces journées d’étude ont l’ambition d’explorer de nouveaux aspects de l’œuvre de Lina Bo Bardi, au-delà d’une approche biographique désormais bien étudiée et diffusée en tant que telle.

Cette connaissance biographique permet aujourd’hui d’appréhender la figure originale que représente Lina Bo Bardi sous l’angle des circulations géographiques, mais aussi culturelles qui fondent sa trajectoire professionnelle : entre l’Italie – où elle effectue la première partie de sa carrière et revient vivre entre 1972 et 1974 – et le Brésil – où elle émigre en 1946 – ; mais également au sein même du Brésil, entre São Paulo – qui constitue un point d’ancrage incontestable – et Bahia – où elle travaille de 1958 à 1964, puis dans les années 1980.

Sa pensée et son œuvre s’inscrivent pleinement dans le mouvement moderne, puisant leurs racines dans l’école romaine puis milanaise, au contact de figures marquantes de la scène architecturale italienne de l’entre-deux-guerres comme Gustavo Giovannoni, Marcello Piacentini, Carlo Pagani, Giò Ponti, Pietro Maria Bardi et Bruno Zevi. Elle s’en écarte pourtant, à travers le soin qu’elle a toujours accordé au vivant, comme le montre le trait tellement particulier de ses dessins – que l’on trouve dès ses contributions éditoriales italiennes -, mais aussi son architecture construite, influencée en particulier par la culture populaire nordestine qu’elle rencontre à Bahia.

Lina Bo Bardi est l’auteure de près de vingt projets construits, parmi lesquels des maisons (Casa de Vidro, Sao Paulo), des musées (MASP, Sao Paulo), des théâtres (Teatro Oficina, Sao Paulo), des églises (Saint Esprit, Uberlandia), des centres culturels et sportifs (SESC Pompéia, Sao Paulo). Ainsi, elle apparaît non seulement comme l’une des femmes architectes du XXe siècle qui a le plus construit, mais qui a abordé un certain nombre de problématiques (économie, participation, chantier, réemploi, savoirs artisanaux, etc…) trouvant aujourd’hui une forte résonance dans la pratique architecturale contemporaine, au-delà du contexte brésilien.

–> Inscriptions préalables